Accéder au contenu principal

Jeudi 30 janvier 2020, nuit

« Habiter un lieu est-ce se l’approprier ? Qu’est-ce que s’approprier un lieu ? A partir de quand un lieu devient-il vraiment le vôtre ? » 
Georges Perec, Espèces d’Espaces

J’ai décidé que je cesserai bientôt cette écriture, peut-être encore tirer ces Notes jusqu’au bout de l’hiver et les abandonner aux beaux jours quand je laisserai le bateau à quai et que je partirai à pieds, lassée de ma solitude avec l’eau du ciel. Cette nuit les bruits sont inquiétants : les cris d’un homme (peut-être dans l’escalier aux végétations sauvages en face), les basses répétitives d’un son techno (peut-être chez mon voisin du dessous chez qui je fais tomber de la poussière en marchant). A partir de maintenant où je vois la fin, je ne peux plus écrire de la même manière comme si je vivais ici pour toujours. Quelque chose à l’intérieur de moi se scinde, 

Je me suis habituée à cette fenêtre 
à ce que les oiseaux traversent
le ciel sur un visage 
à accepter le tissage des araignées 
dans une poitrine 
et la présence d’une souris venue un jour dans une cuisine
puis à jamais disparue à l’intérieur des murs 
vont disparaître aussi ces notes. 




Commentaires

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

A ma fenêtre, 18 mars 2021

À ma fenêtre, le ciel, sans le reste. Écume d’écriture au réveil, sans le reste du jour. Première heure : Ciel. À chaque fois que je reprends mon souffle, les couleurs ont changées. J’entre dans le jour calmement avec le rapide changement de la lumière. Le soleil perce. À ma fenêtre, la percée. Toute seule, toute pure, sans le reste. La percée nue comme moi-même dans mon rêve chez le libraire : Je cherchais un livre et je trouvais « Fenêtres ». C’est mon livre-mon ciel pour moi toute seule et pour vous tout seul qui lisez. suite sur Instagram #sachasteurer

Lundi 17 février 2020, soir

Sopalin-télescope

Mercredi 12 février 2020, midi

Transgression accomplie Un lieu n’est plus dans son lieu  Un endroit élu le remplace, sorti du fonds des âges Henri Michaux,  Jours de silences Il faut bien reconnaître que le Printemps est déjà là – depuis le 25 janvier pour les Chinois – que je suis déjà partie vers d’autres encres, happée par une sirène. Cette nuit, j’ai vu la lune descendante pile au centre du hublot, à cette heure-là, on aurait dit que c’était un hublot pour voir la lune - seulement la lune et rien d’autre - que tous ces changements infimes tous les jours. Tous les jours.